Réserve de Moremi
5 000 km² à l'est du delta, première réserve communautaire d'Afrique, où lagunes de Xakanaxa et plaines de Khwai concentrent lycaons, lions et éléphants toute l'année.
La réserve de Moremi occupe la partie orientale du delta de l'Okavango, sur environ 5 000 km² qui couvrent la grande île de Chief's Island, les lagunes permanentes de Xakanaxa et les plaines saisonnières du corridor de Khwai. C'est la seule aire protégée qui englobe à la fois des secteurs inondés en permanence et des terres sèches, ce qui explique la concentration faunique observée toute l'année. Notre équipe à Maun y travaille depuis longtemps avec les guides issus des villages riverains, et nous considérons Moremi comme le socle de presque tous les itinéraires que nous construisons au nord du Botswana.
La réserve a été créée en 1963 à l'initiative des Batawana, sous l'impulsion de la régente Elizabeth Pulane Moremi, après le constat d'un déclin rapide du gibier dans la région. Ce fut la première aire protégée d'Afrique gérée par une communauté locale, antériorité qui pèse encore aujourd'hui dans la manière dont les villages de Khwai, Mababe et Sankoyo perçoivent la conservation. Khwai, en particulier, fonctionne sous le régime d'une community trust qui gère ses propres concessions le long de la rivière du même nom, à la limite nord de la réserve.
Les paysages changent fortement selon où l'on campe. Autour de Xakanaxa, on évolue dans une mosaïque de lagunes profondes, de papyrus et de forêts riveraines de jackalberry et de figuiers sycomores : c'est le secteur où nous proposons des sorties en mokoro et en bateau à moteur, en complément des game drives. Plus au nord, le triangle de Mboma et la rivière Khwai offrent des plaines herbeuses ponctuées de termitières et de bosquets de mopane, terrain idéal pour les guépards et les chiens sauvages. La partie sud, autour de South Gate et de Black Pools, est plus boisée et moins fréquentée, avec une bonne densité de léopards.
La faune justifie la réputation de la réserve. Les meutes de lycaons, devenues rares ailleurs sur le continent, comptent ici parmi les populations les mieux suivies d'Afrique australe. Les lions de Khwai sont habitués aux véhicules et chassent régulièrement les buffles le long de la rivière. Les éléphants se déplacent par centaines entre Moremi et Chobe au gré des saisons, et les troupeaux de buffles dépassent parfois les 500 têtes en saison sèche. Les ornithologues notent plus de 500 espèces recensées, dont le bec-en-sabot reste l'objectif le plus disputé dans les chenaux de Gadikwe Heronry.
L'accès depuis Maun se fait par une piste sableuse de 95 km jusqu'à South Gate, comptez quatre à cinq heures en 4x4 selon l'état du sable, davantage en saison des pluies. Pour gagner du temps et préserver les voyageurs, nous privilégions souvent un vol charter de 45 minutes depuis l'aéroport de Maun vers les pistes d'atterrissage de Xakanaxa, Khwai ou Mombo. Le climat est marqué : les nuits de juin et juillet descendent régulièrement à 5°C dans les camps, parfois moins dans les zones de plaine, alors que les après-midi d'octobre dépassent 38°C. Nous fournissons systématiquement bouillottes, ponchos polaires et thermos pour les game drives matinaux qui démarrent à 6h en hiver austral.
À découvrir
Lagunes de Xakanaxa en mokoro. Glissade silencieuse entre les papyrus avec un poleur de Boro ou de Ditshiping, à hauteur des grenouilles peintes et des jacanas. Les éléphants viennent boire à dix mètres de la pirogue en fin de journée.
Meutes de chiens sauvages de Khwai. Le corridor de Khwai abrite l'une des dernières populations stables de lycaons d'Afrique. Nos guides suivent les meutes au radio-collier en partenariat avec le Botswana Predator Conservation, avec de bonnes chances d'observation en juin et juillet, période de mise bas.
Triangle de Mboma en boucle d'une journée. Piste de 30 km serpentant entre les bras morts du delta, peu fréquentée par les autres opérateurs. C'est notre terrain pour les guépards et les hippotragues noirs, avec un pique-nique sous un marula isolé en milieu de matinée.
Héronnière de Gadikwe. Colonie de nidification accessible en bateau depuis Xakanaxa entre août et octobre, avec marabouts, tantales et cigognes à bec ouvert posés par centaines sur les figuiers inondés.
Village communautaire de Khwai. Bourg BaBukakhwe d'environ 400 habitants à la frontière nord de la réserve. Visite possible avec un guide local, qui explique le fonctionnement de la community trust et la cohabitation quotidienne avec les éléphants qui traversent les jardins.
Quand y aller
La saison sèche, de mai à octobre, reste notre période de référence. Les eaux du delta atteignent leur niveau maximal entre juin et août, paradoxalement après la saison des pluies, car la crue vient des hauts plateaux angolais et met quatre mois à descendre. La faune se concentre alors autour des points d'eau permanents, la végétation est basse et les pistes sont praticables. Les températures matinales tombent à 5°C en juin-juillet, remontent à 15°C en août, puis grimpent franchement en septembre-octobre avec des après-midi entre 35 et 40°C, période la plus productive pour les prédateurs mais éprouvante au milieu de la journée.
De novembre à mars, les pluies transforment le paysage. Les averses orageuses tombent surtout en fin d'après-midi, cumulant 400 à 500 mm sur la saison. Les pistes du sud de la réserve deviennent boueuses et certains camps mobiles ferment en janvier-février. C'est en revanche la saison des naissances chez les impalas et les gnous, la végétation explose en vert, et les migrateurs ailés arrivent en masse. Avril et novembre sont des intersaisons intéressantes pour qui veut éviter les tarifs hauts de juillet-août sans renoncer au confort climatique.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de trois nuits sur Moremi pour justifier les coûts d'accès et varier les secteurs, idéalement réparties entre un camp dans la zone humide (Xakanaxa ou Mombo) et un camp en zone sèche (Khwai ou Mababe). Cinq nuits permettent d'ajouter le triangle de Mboma et une sortie en bateau prolongée. Le point d'entrée est l'aéroport de Maun, relié quotidiennement à Johannesburg et Gaborone, d'où partent les vols charter qui desservent les pistes internes en 30 à 50 minutes.
Moremi se combine naturellement avec le delta de l'Okavango, dont elle constitue l'extension orientale, puis avec le Linyanti et Savuti pour les voyageurs disposant de dix jours ou plus, et enfin avec Chobe pour rejoindre les chutes Victoria. Le confort va du camp mobile sous tente Meru avec douche bucket aux lodges permanents avec piscine privée, mais aucune option n'est économique : prévoyez un budget significatif. La destination convient aux contemplatifs, aux photographes et aux familles avec enfants à partir de huit ans dans la plupart des camps, douze ans dans certains lodges plus exposés. Les randonneurs y trouveront peu leur compte, la marche restant limitée à de courtes sorties accompagnées d'un ranger armé.
