Kalahari et Makgadikgadi
Au centre du Botswana, 52 000 km² de Kalahari semi-aride et des pans salés grands comme le Portugal, parcourus en 4x4, quad ou à pied avec les communautés San.
Le Kalahari et les Makgadikgadi forment la moitié sud et centrale du Botswana, une géographie minérale qui contraste avec les eaux du delta de l'Okavango. Notre équipe accompagne ici des voyageurs qui cherchent autre chose que le safari classique : des horizons sans relief, un silence rare, et une lumière qui change toutes les heures sur la croûte saline ou les sables rouges.
Le Kalahari central, ou Central Kalahari Game Reserve, couvre 52 800 km². C'est la deuxième plus grande réserve d'Afrique. Contrairement à ce que son nom évoque, ce n'est pas un désert de dunes mais une savane semi-aride parsemée d'acacias, de pans fossiles et de vallées sèches comme Deception Valley ou Passarge Valley. La faune y est plus dispersée qu'à Moremi ou Chobe, mais on y rencontre les lions à crinière noire du Kalahari, des oryx, des élands et de grands troupeaux de springboks. Les guépards et léopards y chassent dans des paysages ouverts qui facilitent l'observation. La pluie, quand elle tombe entre décembre et mars, déclenche une migration de zèbres et de gnous vers les pans verdis de Deception et Sunday Pan.
À l'est s'étendent les pans de Makgadikgadi, un ensemble de lacs salés asséchés couvrant environ 16 000 km². Sua Pan, Ntwetwe Pan et Nxai Pan en sont les composantes principales. Ce sont les vestiges d'un lac intérieur qui couvrait toute la région il y a 10 000 ans. En saison sèche, la surface est une croûte blanche compacte sur laquelle on roule en quad ou en 4x4 jusqu'à l'horizon, sans repère. Le ciel nocturne y est d'une netteté que nous retrouvons peu ailleurs en Afrique australe, l'absence totale de pollution lumineuse en faisant l'un des meilleurs sites d'observation des étoiles du continent.
Au cœur de Makgadikgadi se dressent quelques îlots de granit couverts de baobabs. Kubu Island, ou Lekhubu en setswana, est le plus connu : une élévation rocheuse de 1 km de long couverte de baobabs millénaires, classée site sacré par les communautés locales. À Nxai Pan, les Baines Baobabs, peints par le voyageur Thomas Baines en 1862, sont sept arbres groupés au bord d'un pan, quasiment inchangés depuis le tableau original.
Cette région est aussi le territoire historique des San, ou Bushmen, l'un des plus anciens peuples du monde. Nous travaillons avec des communautés San installées autour de Ghanzi et de la D'Kar, ainsi qu'avec les Bushmen Ju/'hoansi du Kalahari pour des marches d'interprétation : reconnaissance des plantes médicinales, techniques de piégeage, allumage du feu par friction. Ce n'est ni une démonstration folklorique ni une mise en scène, mais un échange encadré par les anciens des villages, qui touchent une rémunération directe. Les communautés Bakgalagadi, présentes depuis plusieurs siècles dans la région, vivent de l'élevage de bétail et complètent le paysage humain de cette zone.
Côté pratique, deux portes d'entrée structurent la région : Maun à l'ouest pour le Kalahari central et les pans nord (Nxai), et Francistown ou Nata à l'est pour Sua Pan et Kubu Island. Les lodges sont rares, souvent de petite capacité, et le mode de voyage privilégié reste le camp mobile, monté pour le séjour et démonté à notre départ. C'est un Botswana plus brut que le delta, où l'on accepte des pistes longues, parfois 5 à 7 heures entre deux camps, en échange d'une solitude qui n'existe presque plus ailleurs.
À découvrir
Deception Valley en saison verte. Cette vallée fossile du Kalahari central se couvre d'herbes après les pluies de janvier-février, attirant springboks, gnous et leurs prédateurs. Les lions à crinière noire s'y observent souvent à découvert en fin de journée.
Quad sur les pans de Ntwetwe. Roulage sur la croûte saline en saison sèche, de mai à octobre, jusqu'à des points où l'horizon ferme un cercle complet à 360 degrés. Nuit en bivouac sur le pan, matelas posé à même le sel.
Kubu Island et ses baobabs. Affleurement de granit d'1 km au milieu de Sua Pan, couvert de baobabs dont certains dépassent 1 000 ans. Site sacré pour les communautés locales, classé patrimoine national depuis 1998.
Marche avec les San Ju/'hoansi. Sortie de 2 à 3 heures avec les anciens d'un village du Kalahari, autour de Ghanzi ou Khwai. Apprentissage des plantes utiles, du pistage et des techniques de feu, traduit en anglais par un médiateur local.
Colonie de suricates de Jack's Camp. Famille habituée à la présence humaine sur Ntwetwe Pan : les suricates utilisent les visiteurs comme poste de guet et grimpent parfois sur les épaules pour scanner l'horizon. Observation matinale uniquement.
Quand y aller
La saison sèche, de mai à octobre, est notre période recommandée pour Makgadikgadi : les pans sont praticables en véhicule et en quad, les nuits dégagées permettent l'observation astronomique, et les températures diurnes oscillent entre 22 et 28°C en hiver austral (juin-août). Attention, les nuits descendent fréquemment sous 5°C en juin-juillet sur les pans, où le froid est sec et coupant. Pour le Kalahari central, cette saison concentre la faune autour des rares points d'eau, ce qui facilite l'observation, mais les paysages sont jaunes et poussiéreux.
La saison des pluies, de décembre à mars, transforme la région. Les pans se remplissent partiellement et accueillent des flamants nains et roses par milliers à Sua Pan, ainsi que la deuxième plus grande migration de zèbres d'Afrique entre Nxai Pan et le Boteti. Les températures grimpent à 35-40°C en journée. Certaines pistes deviennent impraticables après les orages, et l'accès à Kubu Island ferme parfois plusieurs semaines. C'est néanmoins la meilleure saison pour le Kalahari central, qui reverdit et concentre les naissances de springboks en décembre. Nous évitons avril et novembre, mois de transition aux conditions instables.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de 4 jours sur la région pour en saisir le caractère, idéalement 6 à 7 jours si l'on combine Kalahari central et Makgadikgadi, qui sont distants de plus de 500 km par la piste. Le point d'entrée logistique le plus simple est Maun, desservie par des vols depuis Johannesburg et Le Cap, d'où partent les vols charters vers les pistes d'atterrissage de Deception, Nxai ou Jack's Camp. Pour Kubu Island et Sua Pan, l'accès se fait en 4x4 depuis Nata, à 3 heures de route au sud de Kasane.
La région se combine bien avec un séjour dans le delta de l'Okavango pour contraster eau et désert, ou avec Chobe pour un itinéraire complet ouest-est. Le Tuli Block, plus au sud-est, peut clore un circuit pour qui dispose de 15 jours. Le confort va du camp mobile classique (tentes dôme, douche solaire, repas autour du feu) aux lodges semi-luxe comme San Camp ou Tau Pan, où la literie et le service sont haut de gamme malgré l'isolement. Cette région convient aux voyageurs contemplatifs, aux photographes, aux amateurs de ciels nocturnes et à ceux qui ont déjà fait un safari classique et cherchent un Botswana moins fréquenté. Moins indiquée pour les familles avec jeunes enfants, en raison des longs transferts et du faible nombre de prédateurs visibles quotidiennement.

